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Tu seras mon fils

Soleil de fin d'été, les vendanges approchent. Paul, l'irascible propriétaire du vignoble, se fait des cheveux blancs. Car l'absence de son éternel bras droit, engourdi par la maladie, met en péril la production. Paul a bien un fils, prêt à rendre service, mais...

Je ne suis pas très pinard, histoires familiales ou drames du terroir. Pourtant, sans doute hypnotisé par le regard argenté de Niels Arestrup, je rentre facilement dans ce film. Le scénario, habile bien que sobre, repose entièrement sur les nombreux personnages et leurs relations parfois troubles. Je gage que certains esprits avides de comparaisons verront peut-être ici un hommage précoce à Chabrol et je ne pourrai décemment leur cracher dessus (car peut-on cracher décemment sur quelqu'un?). C'est surtout un joli terrain de jeu pour de bons comédiens, dont Nicolas Bridet, gueule de bon pote et rôle ambigu, qui pour son premier "premier rôle" au cinéma apporte une énergie souvent bienvenue.

De : Gilles Legrand 1h40

Avec (entre autres) : Niels Arestrup, Nicolas Bridet, Lorànt Deutsch, Patrick Chesnais

L'Affaire Farewell

En l’an 1981, Pierre, ingénieur français, vit à Moscou avec femme et enfants. Un soir, un agent du KGB le contacte afin de lui livrer des informations sur le régime soviétique.

Ce film d’espionnage décrit subtilement une Russie coincée entre rêve et réalité et explore sommairement les relations franco-américaines. Valorisé par les faits réels qui l’inspirent, le scénario prend son temps et évite les scènes d’action gratuites, préférant la finesse aux grosses ficelles. Le suspense ne paie jamais le prix de ce choix car l’humanité que les acteurs confèrent à leurs personnages rend cette histoire fascinante.

De : Christian Carion 1h52

Avec (entre autres) : Emir Kusturica, Guillaume Canet, Alexandra Maria Lara, Ingeborga Dapkunaite

Un prophète

Un cri. L’obscurité. Des insultes. Malik, dix-neuf ans, est condamné à six ans de réclusion. Hagard, le visage tuméfié, il découvre son nouvel habitat. Un habitat hostile. La prison.

D’une aridité étouffante, presque suffocante, cette plongée en apnée dans l’univers carcéral ne tarde pas à me captiver. À mesure que son héros gagne en épaisseur, le film libère son ampleur. Les comédiens capturent brillamment leurs personnages et le scénario ne se relâche que pour mieux frapper. Sans jamais sombrer dans le misérabilisme, l’histoire, parfaitement amorale, s’enrichit au point de flirter avec le drame shakespearien, sondant les profondeurs abyssales de l’âme humaine.

De : Jacques Audiard 2h29

Avec (entre autres) : Tahar Rahim, Niels Arestrup, Adel Bencherif, Reda Kateb