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Tamara Drewe

La campagne anglaise verdoie et les vaches broutent sous le regard hagard de quelques écrivains en mal d’inspiration. Laissant son épouse au four et au moulin, le maître des lieux, auteur à succès, s’en va fourrer sa maîtresse.

Cette comédie «si britannique» a de nombreux atouts pour me séduire. D’abord son sympathique décor bucolique. Puis ses protagonistes cinglés. Son humour cinglant. Enfin, le rôle-titre et son joli minois. Tout va donc pour le mieux jusqu’à ce que l’amour se mêle de ce qui ne le regarde pas. Le film gagne en douceur mais perd l’acidité qui faisait sa saveur.

De : Stephen Frears 1h45

Avec (entre autres) : Gemma Aterton, Roger Allam, Dominic Cooper

Night and Day [Knight and Day]

Son avion retardé, un homme erre dans l’aéroport et passe son temps comme il peut. Il observe notamment les belles femmes. Mais ses intentions ne semblent pas si évidentes. Une jolie blonde lui tape dans l’oeil.

Après quelques minutes, le film s’emballe. Un peu d’action, beaucoup de dérision, la recette s’avère immédiatement savoureuse. Dans ce divertissement tous publics, les gracieux acteurs jouent de leurs charmes, les répliques fusent comme les balles et je m’amuse. J’apprécie notamment l’astucieuse utilisation des ellipses qui apportent une dose d’originalité. Je me régale une grosse heure et puis, rassasié, je regarde le scénario s’endormir sur ses lauriers.

De : James Mangold 1h35

Avec (entre autres) : Tom Cruise, Cameron Diaz, Peter Sarsgaard

Sex and the City 2

Cela fait 25 années que la volubile Carrie Bradshaw réside à Manhattan. Elle y a rencontré ses meilleures amies et ses plus francs succès. Cette histoire débute deux ans après le premier volet, dans lequel elle espérait convoler.

Le quatuor popularisé par la télé joue une partition familière et parfois mélodieuse. Le film s’en contente. J’avoue que ses airs d’interminable publicité pour l’office de tourisme d’Abu Dhabi m’exaspèrent un moment et que la vocation comique des dialogues m’échappe régulièrement, mais le temps passe discrètement. Je m’en serais néanmoins passé.

De : Michael Patrick King 2h22

Avec (entre autres) : Sarah Jessica Parker, Kristin Davis, Kim Cattral, Cynthia Nixon

Prince of Persia : les sables du temps [Prince of Persia: The Sands of Time]

Le soleil éclaire le désert de Perse. Ici, le destin s’écrit. Ainsi, le jeune Dastan, en lançant sa pomme sur un soldat puis en bondissant sur les toits, attire l’oeil du bon roi qui décide d’en faire son troisième enfant.

D’entrée, ça gigote, ça pirouette et ça virevolte. Dans un décor aux allures de parc d’attraction, les envolées de l’action détournent avec inspiration mon attention des pesanteurs d’un scénario un peu falot. Prince intrépide, jolie princesse ou brigand fringant, les acteurs font leur boulot et je m’amuse plutôt. Sur la dernière demi-heure, je préfère me taire...

De : Mike Newell 1h56

Avec (entre autres) : Jake Gyllenhaal, Gemma Arterton, Ben Kingsley

Les Invités de mon père

Lucien s’apprête à accueillir une famille de sans-papiers. Militant de longue date, il suscite notamment l’admiration de sa petite-fille. Quant à ses enfants, ils font preuve d’une circonspection qui ne va pas faiblir.

Ce long-métrage en forme de comédie piquante aborde un sujet épineux mais ne déborde pour autant d’originalité. Car une fois dévoilé le pot aux roses, le scénario se contente d’arroser un terreau qu’heureusement, les acteurs fertilisent avec talent. Grâce à eux, j’esquisse de nombreux sourires, même si les questions soulevées relèvent souvent du dramatique. Dommage que le film s’essouffle dans la dernière ligne droite.

De : Anne Le Ny 1h30

Avec (entre autres) : Fabrice Luchini, Karin Viard, Michel Aumont, Valérie Benguigui

Enter the Void

Générique stroboscopique. Un avion fend la nuit tokyoïte. Au milieu des néons, Oscar plane sur son balcon. Au milieu de leur studette, Linda fume une cigarette. Ils échangent des sons. Elles s’en vont.

À travers les yeux de son héros camé, je contemple la ville et ses lumières denses; lorsqu’il ferme ses paupières, la nuit s’éclaire et les couleurs dansent. Images maîtrisées et montage ciselé, le film s’éternise et m’en voit désolé. Hallucinant trip visuel, lancinant voyage sensoriel, j’apprécie l’unicité de cette psychédélique expérience cinématographique. Mais dans sa volonté de choquer, le réalisateur me donne parfois l’impression d’avoir des comptes à régler avec la subtilité.

De : Gaspar Noé 2h42

Avec (entre autres) : Paz de la Huerta, Nathaniel Brown, Cyril Roy

La Comtesse [The Countess]

La vie d’Erzebet Bathory, comtesse hongroise au destin peu commun, qui vécut à cheval sur les dix-septième et dix-huitième siècles. Promise dès sa naissance au conte Nadasdy, elle eut une rigoureuse éducation.

J’en sais peu sur le film lorsque les lumières se taisent. Je découvre donc avec plaisir son héroïne singulière, sa beauté froide, sa démarche altière, son coeur malade derrière le regard fier. La richesse de cette biographie sanguinolente me comble tant que j’en oublie celles des costumes et des décors. Moins enlevée que ses prédécesseures, la dernière demi-heure contrarie ma belle humeur.

De : Julie Delpy 1h37

Avec (entre autres) : Julie Delpy, Daniel Brühl, John Hurt

Le Chasseur de primes [The Bounty Hunter]

Gros bras et visage pileux, Milo conduit joyeusement sa voiture de sport. Il renifle un peu, détecte une odeur suspecte. De la fumée. Il s’inquiète, s’arrête, ouvre le coffre. Une femme en sort, s’enfuit. Il est chasseur de primes.

Une légère intrigue policière et deux caractères bien trempés suffisent à l’efficacité de cette comédie qui s’embarrasse peu de prétextes fallacieux. Si les acteurs en font des tonnes, l’humour n’en est pas lourd pour autant. Je souris donc souvent et passe un agréable moment devant ce film malgré quelques longueurs lors du sprint final.

De : Andy Tennant 1h44

Avec (entre autres) : Jennifer Aniston, Gerard Butler, Jason Sudeikis

Dragons [How to Train Your Dragon]

Pas vraiment taillé pour la chasse aux dragons, Hiccup a du mal à suivre les traces de son père, robuste guerrier viking et chef du village. L’affiche en dit assez long sur la suite...

En un éclair, l’action embrase l’écran. Ce feu maîtrisé, le film ne perd pas son dynamisme et les sarcasmes sortent de la bouche du séditieux héros comme les flammes de celles des dragons. J’écarquille régulièrement les mirettes, admirant les décors impressionnants et l’animation irréprochable. Le soufflet retombe peu avant la conclusion de cet agréable divertissement.

De : Chris Sanders, Dean Deblois 1h30

Avec (entre autres) les voix de : Jay Baruchel, Gerald Butler, America Ferrara, Jonah Hill

Bad Lieutenant: Escale à la Nouvelle-Orléans [Bad Lieutenant: Port of Call New Orleans]

Un serpent nage. Dans leur commissariat inondé après le passage de l’ouragan Katrina, deux inspecteurs découvrent un détenu que la montée des eaux condamne. Terry hésite puis se jette. Il sera promu lieutenant.

Dans ce décor post-apocalyptique, un destin inique transforme le flic cynique en individu erratique et sadique. Articulée autour d’une enquête policière, la description malicieuse de cette descente aux enfers recèle quelques moments de pure insanité. Mais en dépit de scènes malsaines ou volontairement choquantes, le film n’assume pas toujours la perversité qui fait pourtant son originalité.

De : Werner Herzog 2h01

Avec (entre autres) : Nicolas Cage, Eva Mendes, Xzibit, Val Kilmer

Le Rêve italien [Il Grande Sogno]

En Italie, Mai 68 commence en janvier. Six mois avant (en 1967 donc), Laura avoue à ses parents catastrophés qu’elle a manifesté. De son côté, Nicola achève docilement sa formation de policier.

Si l’on raconte ici les événements plus qu’on n’en rend compte, j’en apprends néanmoins de belles sur le passé récent du voisin transalpin. Pour autant, je ne rentre immédiatement dans ce film dont les futiles effets visuels m’exaspèrent. Mais lorsque les rôles principaux se libèrent enfin de la densité du propos, le contexte historique s’efface judicieusement au profit d’un texte lyrique.

De : Michele Placido 1h40

Avec (entre autres) : Jasmine Trinca, Riccardo Scamarcio, Luca Argentero

Sumô [Sippur Gadol]

Petit déjà, Herzl redoutait la balance. Aujourd’hui, au club de régime, tous sauf lui perdent du poids. Découvrant le sumô, un sport qui convient à sa corpulence, il oublie ses complexes et convainc ses amis de s’entraîner avec lui.

D’abord intimidé, mon sourire prend rapidement confiance, à l’instar du bedonnant héros de cette histoire. Très hollywoodienne dans son déroulement, cette comédie israélienne réserve peu de surprises. Elle évite néanmoins l’humour gras et porte un regard tendre sur ses personnages. Bref, j’avale d’une bouchée cet hymne à la différence.

De : Sharon Maymon et Erez Tadmor 1h30

Avec (entre autres) : Itzik Cohen, Irit Kaplan, Dvir Benedek, Togo Igawa

City Island

Vince Rizzo et sa famille habitent City Island, un insulaire lopin coincé entre le Bronx et l’Atlantique. Chacun y cultive ses petits secrets. Vince, par exemple, travaille comme gardien de prison mais rêve d’être acteur.

J’embarque plein d’optimisme à bord du navire et mets le cap vers cette surprenante île new-yorkaise. Le scénario pourtant sage de cette tendre comédie me séduit rapidement et nous nous moquons ensemble de ce foyer gentiment farfelu. Bien amarré aux personnages, je ne m’en marre pas moins. Ce film respire la bonne humeur et j’en prends de grandes bouffées.

De : Raymond de Felitta 1h40

Avec (entre autres) : Andy Garcia, Julianna Margulies, Steven Strait, Emily Mortimer, Anne Hathaway

Bliss [Whip It]

Dans un bled du Texas, des adolescentes lisses défilent pour un concours de beauté. Bliss et sa teinture fraîche y récoltent peu de suffrages. Trop rebelle pour être seulement belle, elle va se passionner pour le roller derby.

Ça démarre assez lentement, le temps pour le rôle-titre de sortir de son cocon rébarbatif et de rencontrer quelques figures cocasses. Celles-ci égayent un canevas traditionnel et fonctionnel auquel le jeu naturel d’Ellen Page n’apporte pas l’originalité escomptée. Le thème reste cependant amusant et je passe un moment plaisant devant ce gentil premier film.

De : Drew Barrymore 1h50

Avec (entre autres) : Ellen Page, Alia Shawkat, Marcia Gay Harden, Andrew Wilson, Drew Barrymore, Juliette Lewis

Pas si simple [It’s Complicated]

Sous le soleil californien, un vieux couple, divorcé depuis dix ans, se retrouve pacifiquement au bord de l’océan. Jane vit désormais seule, après le départ de sa dernière fille tandis que Jake s’est remarié avec une jeune femme.

Je suppose immédiatement que cette comédie parlera davantage aux spectateurs d’âge mûr. Elle adopte un rythme pépère pour aborder un sujet qui m’indiffère encore. Néanmoins, Alec Baldwin et son air coquin suffisent à mon bonheur. De plus, l’humour, sans être dévastateur, demeure constant tout au long d’un film que je trouve finalement bien distrayant.

De : Nancy Meyers 2h00

Avec (entre autres) : Meryl Streep, Alec Baldwin, Steve Martin, John Krasinski

Paranormal Activity

Micah vient d’acheter une caméra. En sus d’immortaliser le faciès de sa dulcinée, il projette d’installer le matériel dans leur chambre à coucher afin d’enregistrer les (étranges) phénomènes qui s’y produisent la nuit venue...

Les images tournées en caméra subjective (i.e filmées par l’un des personnages) se veulent suggestives. Mais l’homme sans foi que je suis n’y trouve jamais l’effroi. En revanche, je m’amuse franchement du quotidien de ce couple pantouflard qui s’affronte paisiblement au moment de se confronter avec le surnaturel.

De : Oren Peli 1h26

Avec (entre autres) : Katie Featherston, Micah Sloat

The Limits of Control

Rimbaud cité, un homme exécute des mouvements de tai-chi dans les toilettes d’un aéroport avant de laconiquement s‘acoquiner avec une paire de bavards polyglottes. Il file ensuite en Espagne échanger des boites d’allumettes et avaler des bouts de papier.

Un jeu de piste énigmatique. Une esthétique épurée. Des répliques aphoristiques. Une approche poétique. Cette histoire ne (me) parle que par intermittence et je contemple amèrement ce film contemplatif qui, ne s’emballant à aucun moment, ne m’emballe non plus. De ce réalisateur, de ces acteurs, j’attendais davantage que des ambages en images. Sans me déplaire, ce film ne me plaît pas.

De : Jim Jarmush 1h57

Avec (entre autres) : Isaach de Bankolé, Paz de la Huerta, Gael Garcia Bernal, John Hurt

(500) jours ensemble [(500) days of Summer]

Les cinq cents jours qui suivent la rencontre entre Summer, la pragmatique résolue et Tom, le romantique ingénu. Au delà de leurs différences, ils partagent un goût immodéré pour la pop britannique. Ceci n’est pas une histoire d’amour, dixit la voix off. Mais ça y ressemble, dixit moi.

Le film n’a pas encore débuté et je ris déjà. Inventif, le récit bouleverse la chronologie pour décortiquer le couple avec sensibilité et humour. Bien que peu secondés, les deux personnages attirent la sympathie et la voix nonchalante de l’actrice m’ensorcelle. Néanmoins, après une merveilleuse heure, le propos s’assombrit, le ton s’alourdit et le charme s’estompe regrettablement.

De : Marc Webb 1h36

Avec (entre autres) : Joseph Gordon-Levitt, Zooey Deschanel, Matthew Gray Gubler, Geoffrey Arend

Hôtel Woodstock [Taking Woodstock]

Les vieillissants Teichberg ont un motel en piteux état. Leur fils Elliot, revenu de New York, tente par tous les moyens d’attirer les touristes dans cette bourgade paumée. Son anecdotique festival annuel de musique pourrait prendre une nouvelle dimension car tout cela se passe en 1969...

Le film démarre la fleur au fusil, les premières dizaines de minutes manquent d'entrain, l’humour est tiède et l’ennui gagne la première manche. Par la suite, le rythme s’accélère et le scénario s’éparpille joyeusement. L’énergie du mouvement hippy, parfaitement restituée, remporte le deuxième round sans violence et plusieurs scènes d’une drôlerie féroce assurent effectivement un agréable spectacle.

De : Ang Lee 1h56

Avec (entre autres) : Demetri Martin, Imelda Staunton, Emile Hirsch, Liev Screiber

The September Issue

Chaque année, l’édition américaine du magazine Vogue crée l’événement avec son numéro de septembre, traditionnellement épais comme un bottin.

Ce documentaire débute plusieurs mois avant la publication du magazine et décrit les différentes étapes de sa fabrication. Il esquisse également le portrait d’Anna Wintour, la rédactrice en chef qui règne sur la mode d’une main de fer dans un gant de velours, assorti à son tailleur Chanel. Inimaginable héroïne, elle se montre à la fois mystérieuse, charmante et détestable tandis que ses fidèles et laborieux sujets s’affairent à lui plaire. Bien que le film soit un peu répétitif, je ne peux rester indifférent aux protagonistes, aussi attachants et agaçants que des personnages de fiction.

De : R.J. Cutler 1h28

Avec (entre autres) : Anna Wintour, Grace Coddington, André Leon Talley, Thakoon Panichgul